Fingerprinting
Le fingerprinting (emprunte digitale) est utilisé dans le contexte de la protection des droits d'auteur. Il dépend de la personne à qui l'on va donner le document (acheteur, utilisateur). Son objectif premier est de permettre de remonter la piste d'un document utilisé de manière frauduleuse. Chaque utilisateur aura ainsi en sa possession une version unique du document.
Sommaire :
Informations sur le parcours
- Titre :
- Fingerprinting
- Profils :
- Enseignant & Lycéen, Ingénieur informatique, Enseignant-Chercheur, Etudiant
- Thème :
- Marquage d'image et stéganographie
- Finalité :
- Pédagogique
- Difficulté :
- niveau 2
- Auteur(s) :
- Caroline Fontaine
- Mise à jour :
- 17/03/2006 à 17h23
Introduction au Fingerprinting
On utilise un fingerprint lorsque l'on souhaite pouvoir tracer le document diffusé, et plus spécifiquement identifier son utilisateur légitime. Ainsi, la marque insérée dans le document va dépendre de l'utilisateur de celui-ci, et il y aura autant de versions différentes d'un même document qu'il aura d'utilisateurs légitimes.
Les techniques de dissimulations sont sensiblement les mêmes que pour le tatouage robuste. Cependant, les données à insérer doivent vérifier certaines propriétés pour résister aux attaques spécifiques, dites par collusion.
Spécificité : les attaques par collusion
Le principe d'une attaque par collusion est très simple : plusieurs utilisateurs légitimes comparent les versions qu'ils ont reçues d'un même document/ Comme nous l'avons dit plus haute, ces versions sont ici toutes différentes. Il leur est alors facile de détecter les "points" auxquels les documents diffèrent, et de produire un nouveau document obtenu en gardant les "points" identiques, et en choisissant pour les "points" différents des éléments de chacun des documents de départ. Ainsi, ils sont certains que d'un point de vue perceptif le nouveau document sera semblable aux autres, et la détection du nouveau fingerprint ainsi forgé n'aura aucune signification pour le distributeur qui peut essayer de tracer le document. Cette attaque est résumée dans la figure 1.

Techniques de Fingerprinting
Un groupe d'attaquants peut comparer les différentes versions d'un même document qu'ils ont tous acquis légalement. Pour essayer d'en produire une copie intraçable, ils vont comparer les documents élément par élément (par exemple pixel par pixel) et détecter les positions pour lesquels ces documents diffèrent. Les fingerprints cachés sont des mots de code, chacun associé à un utilisateur particulier. Les concepteurs de systèmes distinguent, pour l'étude de la sécurité, plusieurs types d'attaques sur les fingerprints cachés :- Narrow attack :
- les attaquants n'utilisent, pour chaque position détectée, que des valeurs prises dans les documents à la position concernée ;
- Erasure attack :
- les attaquants mettent un symbole d'effacement pour chaque position détectée ;
- Hybrid attack :
- pour chaque position détectée, les attaquants s'autorisent n'importe quel symbole de l'alphabet (y compris ceux qui n'ont pas servi dans les documents utilisés lors de l'attaque) ;
- Wide attack :
- pour toutes les positions, les attaquants peuvent mettre n'importe quel symbole.
Différentes définitions de sécurité permettent de spécifier ce que l'on peut attendre d'un système/code [19]:
- frameproof :
- aucune coalition ne peut incriminer un utilisateur qui n'en fait pas partie en produisant son mot de code ;
- secure frameproof :
- aucune coalition ne peut en incriminer une autre en produisant un de ses descendant ;
- identifiable parent property :
- aucune coalition ne peut produire un mot qui ne permettrait pas de remonter à au moins un de ses membres ;
- traceability :
- le mot le plus proche du fingerprint forgé est un mot de code correspondant à un memnbre de la coalition qui l'a généré.
On peut par ailleurs regrouper ces propriétés en deux catégories :
- traçabilité forte :
- les codes qui nous assure l'identification d'au moins un des membres de la coalition ; elle est reliée aux propriétés traceability et identifiable parent property ;
- traçabilité faible :
- les codes vont identifier un coupable, mais avec une certaine probabilité de succès seulement.
Solutions
Bien évidemment, la première catégorie est plus intéressante, mais elle est aussi plus difficile à atteindre. On connaît en effet des bornes sur les paramètres de tels codes [19,10], mais elles ne nous donne pas d'indice sur la manière de les construire. Néanmoins, [10,20,4,19,14,17,5,7,2,6,18] proposent des constructions de codes correcteurs d'erreur vérifiant ces propriétés, avec des stratégies de décodage assurant la traçabilité (pour les codes vérifiant la propriété de traceability). Malheureusement, la traçabilité forte implique l'utilisation de codes longs, définis sur de gros alphabets [9].C'est pourquoi on préfère parfois se contenter de traçabilité faible, avec une probabilité d'erreur qui décroît exponentiellement avec la longueur du code utilisé. Pour cette deuxième catégorie, on dispose de candidats binaires [3,1,16,25].
Par ailleurs, certains travaux essaient de prendre en considération les outils de traitement du signal que les attaquants pourraient utiliser [24,21,22,25,9,11].
Enfin, citons [13] qui traite de fingerprinting audio, et [12,23,15,8] pour la vidéo.
References
- [1] A. Barg, G. Blakley, and G. Kabatianski. Digital fingerprinting codes: problem statements, constructions, identification of traitors. IEEE Transactions on Information Theory, 49(4):852-865, 2003.
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- [21] W. Trappe, M. Wu, Z. Wang, and K. Liu. Anti-collusion fingerprinting for multimedia. IEEE Transactions on Signal Processing, 51(4):1069-1087, 2003. special issue on signal processing for data hiding in digital media and secure content delivery.
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- [24] H. Zhao, M. Wu, J. Wang, and K. Liu. Nonlinear collusion attacks on independent fingerprints for multimedia. In IEEE ICASSP'03. poster.
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