Marquage d'images : y voir un peu plus clair...
Différents types de documents : images, vidéo, audio, ...
Potentiellement, tout document peut être concerné par la dissimulation d'information. Les exemples les plus classiques sont les images fixes (réelles, virtuelles), la vidéo, les documents audio, les programmes informatiques, les parties de jeu en réseau, ...
Nous traitons ici plutôt des documents multimédia (images, vidéo, audio), car ils présentent de nombreuses similitudes et sont tous abordés par des techniques de traitement du signal. Ainsi, si chacun peut faire appel à des outils spécifiques (pour garantir l'imperceptibilité par exemple), les principes des techniques de dissimulation présentent de nombreux points communs. En revanche, les programmes informatiques sont très différents, et peu de travaux ont abordé leur cas. On peut également citer des propositions de tatouage de matériels hardware, de molécules chimiques (pétrole pour tracer les dégazages sauvages, parfums pour en attester l'authenticité). Des références génériques ou plus techniques sont fournies dans les fiches correspondant à chacun de ces aspects. Nous allons plutôt présenter brièvement ici les formats usuels de docmuents multimedia, afin de permettre au lecteur néophite de mieux les comprendre, et de se référer aux standards si besoin.Images fixes
Il existe de nombreuses manières de représenter une image. Considérons le cas général d'une image en couleurs. Chaque pixel (élément de base, point) de l'image peut être représenté par un triplet :- soit (R,G,B), où R désigne la quantité de rouge, G celle de vert et B celle de bleu dans la composition de la couleur du pixel. Les valeurs de R, G, B sont comprises entre 0 et une valeur maximale M, généralement égale à 255 (dans ce cas, chaque composante est codée sur un octet). C'est cette représentation qui est utilisée dans le format PPM (Portable PixMap), où la valeur de M est indiquée dans l'en-tête du document ;
- soit (Y,U,V), où Y désigne la luminance, et U et V contiennent des informations de chrominance, i. e. sur la différence entre la couleur du pixel et un gris de même luminance.
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L'intérêt de l'utilisation de la représentation (Y,U,V) provient du fait que lorsque l'image est noire (R=G=B=0), blanche (R=G=B=M) ou grise (0 ≤ R=G=B ≤ M), alors on a U=V=0.
JPEG
les standards JPEG (Joint Photographic Experts Group) définissent une norme de compression d'images fixes et sont décrits dans [4,2,1]. Rappellons en quelques mots le principe de l'algorithme de compression. Considérons la représentation (Y,U,V) : la luminance et la chrominance sont traitées séparément. Pour chacune d'entre elles, l'image est découpée en blocs contigus de 8 ×8 pixels, et chacun d'eux subit les opérations suivantes :- normalisation (on recadre les valeurs dans un intervalle fixé, par exemple [−127..127]) ;
- application de la transformée en cosinus discrète ;
- seuillage (c'est là qu'intervient le choix du taux de compression) ;
- quantification des coefficients (la transformée en cosinus discrète possède des tables de quantification, distinctes pour la luminance et la chrominance, en fonction des caractéristiques perceptives de l'oeil pour les fréquences spatiales, indiquant la valeur du pas de quantification à appliquer à chaque coefficient ; les hautes fréquences subissent une quantification moins fine que les autres) ;
- codage des coefficients et séquence zig-zag ;
- codage de Huffman.
- la répartition des bits de poids faible des pixels de l'image compressée suit la loi de distribution uniforme ;
- les hautes fréquences ont été altérées lors de la compression.
JPEG 2000
Ce standard (ISO/IEC 15444-2:2000) est plus récent et repose sur une décomposition multirésolution de l'image utilisant la transformée en ondelettes. Cette compression est plus évoluée et plus performante que celle du standard JPEG. Par ailleurs, d'autres considérations que la compression ont été prises en compte été discutées dans des standards additionnels, comme le tatouage par exemple (JPSEC : secure image transfert). On peut trouver une brève description du procédé de compression en français à l'adresse http://sic.epfl.ch/SA/publications/FI01/fi-3-1/3-1-page1.html.Vidéo
Les formats de vidéo définis au sein de l'ISO sont principalement la norme MPEG-1 (ISO/IEC 11172) qui permet de transmettre des flux vidéos au format CIF (c'est-à-dire avec une demi-résolution par rapport au foramt télévisuel classique, le CCIR601, tel que défini par la recommandation BT.601-5 de l'ITU-R) et la norme MPEG-2 (ISO/IEC JTC1/SC29) introduite pour les activités de diffusion broadcast télévisuelles [1]. Elles reposent sur un codage hybride : chaque image de la vidéo est codée de façon prédictive par rapport aux images précédentes ; une estimation de mouvement permet de prédire les images futures, en associant à cette prédiction une évaluation de l'erreur commise. Nous ne rentrerons pas plus dans les détails ici, mais il est important de savoir que la vidéo est découpée en groupes d'images, comme illustré ci-dessous.
La première image est codée indépendamment des autres (mode Intra, type I). Les autres images sont ensuite codées à l'aide de seimple prédiction (type P) ou de prédiction bidirectionnelle à partir des images de type I ou P présentes avant ou après (type B).
Audio
La norme connue sous le nom de MPEG-Audio est en fait la partie audio de la norme internationale ISO/CEI 11172. Il s'agit d'un codeur perceptuel que nous ne détaillerons pas ici, mais qui est globalement composé de trois modules : une transformation temps/fréquence réalisée par des bancs de filtres d'analyse et de synthèse ou par une transformée ; un module s'appuyant sur un modèle d'audition et estimant un seuil de masquage ; enfin, un module réalisant l'allocation de bits et la quantification. Le format AAC correspond, lui, à la norme MPEG-2 advanced audio coding définie par ISO/IEC 13818-7.
References
- [1] B. M. and C. LABIT. Compression et codage des images et des vidéos. Traité IC2 - Information, Commande, Communication. Hermès-Lavoisier, 2002. ISBN 2-7462-0328-6.
- [2] W. Pennebaker and J. Mitchell. JPEG Still Image Compression Standard. New York : Van Nostrand Reinhold, 1993.
- [3] G. Simmons. The prisoners' problem and the subliminal channel. In Advances in Cryptology - CRYPTO'83, pages 51-67. Plenum Press, 1984.
- [4] G. Wallace. The JPEG still picture compression standard. 34(4):30-40, 1991.
Informations sur le parcours
- Titre :
- Marquage d'images : y voir un peu plus clair...
- Profil(s) :
- Décideur économique, Enseignant & Lycéen, Ingénieur informatique, Enseignant-Chercheur, Etudiant
- Thème :
- Marquage d'image et stéganographie
- Finalité :
- Théorique
- Difficulté :
- niveau 1
- Auteur(s) :
- Caroline Fontaine
- Mise à jour :
- 13/01/2006
